Quels sont les publics que je vais accompagner?

Mes premières lectures

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Parmi ce que chaque organisme spécialisé propose, parmi ce que les associations organisent, parmi ce que chacun invente, les cinéastes/documentaristes et les journalistes témoignent à travers leurs réalisations; voici comment ils partagent leur rencontre avec des personnes qui découvrent et apprennent la langue française :

Atelier de conversation – Bernard Braunstein – 2017
Au Centre Pompidou à Paris, des personnes venant des quatre coins du monde se rencontrent chaque semaine, dans l‘Atelier de conversation pour parler français. Les réfugiés de guerre côtoient les hommes d‘affaires, les étudiants croisent les victimes de persécutions politiques. Malgré leurs différences, ils partagent des objectifs communs : apprendre la langue et trouver des allié(e)s et des ami(e)s pour pouvoir (sur) vivre à l‘étranger.

Je veux apprendre la France – Daniel Bouy – 2008
Dans un centre social du 18e arrondissement de Paris, Marion, enseignante de français, forme chaque année un groupe de jeunes migrants récemment arrivés en France. Ils ont 20 ans. Ils ont quitté le Vietnam, le Mali ou la Tchétchénie pour échapper à la misère, fuir guerres et persécutions ou retrouver des parents. Tous aspirent à vivre pleinement leur jeunesse dans un pays accueillant. Marion a 6 mois pour leur enseigner les bases du français, les informer sur les rouages de la société, les guider dans leur découverte de la vie culturelle. Alternant cours de vocabulaire et visites de la capitale, « Je veux apprendre la France » est le journal intime de cette initiation. Il nous fait vivre ses étapes, quelquefois émouvantes, souvent drôles… Ce documentaire se veut une contribution au débat sur les conditions d’accueil des immigrants. Il suscite également la réflexion sur ce que notre société donne à voir d’elle-même à ces étrangers simplement désireux de vivre à nos côtés.

Le Monde – Les nouveaux arrivants
500 jours, 25 migrants, 4 journaux. Pendant un an et demi, «Le Monde», «The Guardian», «El Pais» et «Der Spiegel» vont suivre chacun une famille de migrants pour raconter leur accueil et leur intégration en Europe. Après les défections de deux premières familles, ce qui en dit long sur la fragilité des exilés, «Le Monde» va suivre le groupe Soudan Célestins Music, des réfugiés musiciens à Vichy. Ce projet est financé par l’European Journalism Centre, soutenu par la fondation Bill & Melinda Gates.
Voir sur le Monde.fr

La cour de Babel
Maryam, qui vient de Libye et qui habite à Paris, s’avance et écrit son nom au tableau. D’autres adolescents lui succèdent et écrivent les mêmes informations dans leurs langues natales : l’arabe, l’ukrainien, le chinois, le sri-lankais, le wolof. Ils disent «bonjour» dans la langue du pays qu’ils viennent de quitter. Tous font partie d’une classe d’accueil implantée au collège de la Grange-aux-Belles, dans le 10e arrondissement de Paris, constituée pour les élèves nouvellement arrivés en France. La cinéaste Julie Bertuccelli et son équipe y ont posé caméra et matériel vidéo pendant l’année scolaire 2011-2012…
TELERAMA – Critique du 04/06/2016

Bibliographie sélective (romans, essais, témoignages…) contribuant à s’investir dans l’éducation pour tous et l’apprentissage du français

Ouvrages proposés par les membres du Réseau national des professionnels des CRIA (extrait)

B.a-ba – La vie sans savoir lire
Auteur : Bertrand Guillot – Éditeur : Éditions Rue Formentin – 2010
En 2008, Bertrand Guillot pousse la porte d’un cours d’alphabétisation pour adultes, dans le 20e arrondissement de Paris. Il s’apprête à donner son premier cours. Sa motivation est la même que celle de milliers de bénévoles en France : se rendre utile et abandonner les œillères du quotidien. Écrit à la première personne, rythmé par des chapitres courts, B.a.-ba a tout d’un récit d’aventure. Celle d’un «professeur» débutant, tout d’abord. L’auteur est poussé dans le grand bain sans méthode, ni conseils. Après tout, il sait lire, non ? B + A = ba ? Pas si simple. Le costume de «professeur» taille soudain grand face à des «élèves» qui ont bien souvent vécu mille vies et Guillot prend soudain conscience de l’ampleur de la tâche. Le plus sage serait sans doute d’abandonner sur le champ. Il y pense. Pourtant… Sans vraiment se l’expliquer, il va poursuivre ses cours (il en donne toujours aujourd’hui) et vivre un an avec ses élèves, au rythme des joies et des désillusions. Une année dont il a tiré un livre : B.a. -ba…

L’analphabète
Auteur : Agota Kristof – Éditeur : Zoé Éditions – 2004
Onze chapitres pour onze moments de sa vie, de la petite fille qui dévore les livres en Hongrie à l’écriture des premiers romans en français. L’enfance heureuse, la pauvreté après la guerre, les années de solitude en internat, la mort de Staline, la langue maternelle et les langues ennemies que sont l’allemand et le russe, la fuite en Autriche et l’arrivée à Lausanne, avec son bébé. Ces histoires ne sont pas tristes, mais cocasses. Phrases courtes, mot juste, lucidité carrée, humour, le monde d’Agota Kristof est bien là, dans son récit de vie comme dans ses romans.

Le gone du Chaâba
Auteur : Azouz Begag– Éditeur : Le Seuil – 1986
Un jeune algérien habite au Chaâba, un bidonville à côté de Lyon. Il vit dans une misérable habitation, sans eau ni électricité, à côté d’autres familles arabes. Azouz a un grand frère Moustaf, et une grande sœur Zohra. Même s’il travaille bien à l’école, il est obligé de travailler au marché pour rapporter un peu d’argent à sa famille. A l’école, Azouz se met au premier rang et est attentif à toutes les remarques de son maître. Un jour, lors de la remise d’une composition très importante, il a la deuxième meilleure note de la classe. Il est très content, mais bientôt, certains arabes de sa classe qui se moquent de l’école le rejettent en ne le considérant plus comme un arabe…

Les amandes amères
Auteur : Laurence Cosse– Éditeur : Gallimard– 2011
Fadila n’est pas jeune. Édith n’est pas entraînée. L’apprentissage s’avère difficile. Ce qui semblait acquis un jour est oublié la semaine suivante. Si Fadila a tant de mal à progresser, c’est que sa vie entière est difficile. Ce n’est pas une marginale. Elle a une famille, un toit, du travail. Mais la violence a marqué son rapport aux autres, depuis l’adolescence. Elle a de la rancœur contre son Maroc natal et, en France, elle ne se fait pas à la solitude. Elle vit dans une perpétuelle inquiétude. Édith, de son côté, se sent de plus en plus démunie dans cette aventure dont elle a pris la responsabilité et qui va l’entraîner beaucoup plus loin qu’elle n’aurait cru. Une amitié singulière, rugueuse et douce, amère, cocasse…

Ça t’apprendra à vivre
Auteur : Jeanne Benameur– Éditeur : Denoël– 2007
Elle a cinq ans. Elle vit en prison. Son père en est le directeur. 1958. Elle vient d’être arrachée à son pays, l’Algérie. Il fait froid à La Rochelle et elle vit dans une nouvelle prison. Comment s’habituer au déracinement, à l’emprisonnement ? Comment s’intégrer ? Une petite fille a peur. Par petites scènes, par mille détails, elle va tenter de faire surgir la vérité dans la rage, la colère. La petite fille modèle, sage comme une image, ne veut plus être une image.

Le quai de Ouistreham
Auteur : Florence Aubenas– Éditions de l’Olivier– 2010
«Le quai de Ouistreham» raconte, concrètement, précisément, comment on vit aujourd’hui en France avec moins de 700 euros par mois. Comment des lycéens sont obligés de travailler pour survivre. Comment des jeunes décident à vingt ans de se faire arracher toutes les dents et de porter un dentier, faute de pouvoir payer un dentiste. Et comment la solidarité, chez les démunis, n’est pas un vain mot. De cette précarité totale, la journaliste rend remarquablement compte dans ce livre émouvant et souvent drôlissime. Au milieu des discours menteurs, Florence Aubenas incarne aujourd’hui une voix pour les sans-voix…

Le ventre de l’Atlantique
Auteur : Fatou Diome– Éditeur : Feryane– 2003
Madické est obsédé par le rêve américain de certains Africains : rejoindre sa sœur en France, cet eldorado qui couronne tant de footballeurs de son pays, cette terre promise d’où reviennent tant de self-made men… Salie a beau lui décrire la réalité, rien n’y fait : avant d’avoir vécu les faces cachées de l’immigration, on ne veut pas y croire. Elle qui a obéi à l’appel d’un ailleurs inconnu, elle qui n’est plus nulle part chez elle, nous plonge dans les ambiguïtés de cette relation fraternelle…

Life is so good
Auteur : Georges Dawson – Éditions : Payot – 2000
Lorsque tout petit déjà il cardait le coton, grand-mère Charity lui disait «George, je sais que tu n’en peux plus. Mais le président Lincoln ne nous a pas affranchis pour qu’on devienne paresseux. Il l’a fait pour qu’on travaille dur…»
Trimer dans les ranches du Texas ou les ports du Mississippi, sillonner le Vieux Sud avec les vagabonds et monter une fois jusqu’au Canada, histoire de voir la neige, élever une famille nombreuse en pleine ségrégation raciale, cela n’a pas empêché George de devenir centenaire et de conserver un optimisme à toute épreuve. Une vie qui a fini par se confondre avec l’histoire de l’Amérique et du XXe siècle. Cela méritait bien un livre, mais George a dû travailler trop jeune pour pouvoir apprendre à lire et à écrire, même s’il a toujours tâché que personne ne s’en aperçoive, pas même ses enfants. À 98 ans enfin il a pris le chemin de l’école, et là encore il lui a fallu bosser dur. Avec l’aide de son ami Richard il a pu raconter ses mémoires qui valent tous les

Le dialogue
Auteur : François Cheng– Éditeur : D. de Brouwer – 2002
Ce livre est un dialogue entre François Cheng et «ses» langues. En effet, même si sa langue maternelle est bien le chinois, il montre très clairement comment il s’est approprié la langue française et comment celle-ci lui a permis d’appréhender autrement la réalité.
Arrivé en France après la guerre, il continue à écrire dans sa langue maternelle pendant de nombreuses années en même temps qu’il traduit la poésie française en chinois. Dans les années soixante il commence à enseigner à l’université. Quand il souhaite recommencer à écrire de la poésie, spontanément il pense qu’il le fera en chinois. Mais c’est le français qu’il choisit. Pourquoi ? Parce que, dit-il, elle le poussait à «plus de rigueur dans la formulation et plus de finesse dans l’analyse». Et parce qu’adopter une autre langue permet de «nommer les choses à neuf, comme au matin du monde».

L’analphabète
Auteur : Ruth Rendell– Éditeur : Le livre de poche – 1999
Mrs Coverdale est aux anges. Finies les jeunes filles au pair fantasques et insolentes, elle a trouvé la perle : Eunice est une domestique zélée et obéissante. Cuisine, ménage, gros travaux, rien ne la rebute ; elle abat l’ouvrage comme une brute. Et elle dort comme une souche. Car Eunice n’a pas d’états d’âme. A vrai dire, on se demande ce qui se cache derrière son masque placide et ses yeux froids. Eunice a-t-elle jamais ressenti une émotion ? A moins que ses soudaines impulsions en tiennent lieu. Est-ce pour répondre à l’une d’elles qu’elle va décrocher un fusil et massacrer la famille Coverdale ?